Du collage en général et du collage de papier peint en particulier

L'histoire de l'art et plus particulièrement les périodes dites "Art moderne" et " Art contemporain" nous donne à voir beaucoup d'exemples d’œuvres utilisant le collage comme moyen d'expression exclusif ou en technique mixte, c'est à dire additionnées d'apports picturaux ou autres.

C'est la deuxième proposition que je pratique sur une bonne partie de mes tableaux. La série "Boud'arbres" (voir pages Boud'archives, créations anciennes), illustre parfaitement l'usage que je fais de la technique du collage.

Le collage de photos de magazines ou autres représentations réalistes n'apparaît que très rarement dans mon travail. Je préfère utiliser des papiers peints dont les motifs répétitifs et décalés (parfois au sens propre et figuré), vont servir de font ou d'arrière plan à mes compositions. Ces plages de papier peint n'occupent jamais la totalité de l'espace du tableau et sont découpées voir fragmentées de façon à la fois aléatoire et contrôlée pour former une géographie improbable, quoique... 

Le papier peint pour moi n'est pas un matériaux anodin. Déjà de par mon premier métier qui était Peintre en bâtiment dont l'une des nombreuses compétences est de "tapisser" les murs avec toutes sortes de papiers peints.

Ce papier peint dans l'encadré ci-dessus est pour le moins démodé, voir incongru, bref assez moche pour le bon goût commun. Mais Attention !

 

                 "Le grand enemi de l'Art, c'est le bon goût"  Marcel Duchamp

 

Ce papier peint fadasse que j'ai détesté pendant de nombreuses années fut celui de ma chambre d'enfance, puis d'adolescence, époque ou les posters des stars de tennis et de hard rock en recouvraient la plus grande partie.

Quand il a fallu rénover la petite maison de mes parent pour la vendre, était-ce une intuition ? mais toujours est-il que j'ai conservé quelques lés (pas assez) de ce papier que j'avais décollé et au lieu de le jeter rageusement tant il pouvait me rappeler une enfance pour laquelle je n'ai quasiment aucune nostalgie, je l'ai précieusement gardé. Je dois préciser que ma démarche de récupération de matériaux sur les chantiers était déjà récurrente à l'époque. Les papiers peints, mais aussi les morceaux d'enduit et de peinture écaillée ou autres rebuts constituaient un butin qui s'accumulait chez moi pour finir parfois sur certains de mes tableaux. (voir pages Boud'archives, créations anciennes). 

Donc ce fameux papier peint fut peint témoins d'une jeunesse disons inconfortable mais au final peut-être  constructive, résilience oblige, m'apparu sous un angle différent. Ce motif concentrique et rayonnant à commencé à peupler mes toiles, notamment dans la série "Boud'arbre" ou on le retrouve sur trois tableaux sur cinq. Sur certain de mes travaux actuels, j'aggrave mon cas en peignant directement ce motif (donc sans collage) l'utilisant comme une sorte de gimmick terriblement décoratif, ce que j'assume pleinement. Ce papier peint au départ un peu dépressif  devient selon les cas, une trace sensible à peine visible, presque en filigrane, ou un motif dynamique qui vient stimuler mes compositions.

Voilà pour le papier peint !

 

Le collage dans mon travail convoque aussi d'autres pratiques que l'usage du papier peint.

Par exemple, dans la série "Boud'arbres", j'ai utilisé la signalétique sous forme de vignettes que j'ai

fabriquées à base de photocopies des pictogrammes que je souhaitait inclure puis qui étaient ensuite soigneusement découpées et peintes pour finir collées sur mes toiles. (J'ai aussi créé et peint certains pictogrammes directement sur la toile).

J'ai aussi parfois collé les figures que je dessinais à part et que je préférais ajouter à la composition sous forme de collage. Oui je sais... Matisse!  mais lui savait stopper là. Nous ne sommes plus là dans le papier peint d'emblée mais dans le papier peint après.

Certaines de mes œuvres sont parfois le fruit de la récupération de panneaux sur lesquels un poster ou une carte du monde par exemple est collée. Dans ce cas, mon intervention commence ensuite. J'utilise pas la technique du collage mais sont résultat comme base. 

Le collage voire l'inclusion d'éléments en volume comme des figurines, des yeux de poupées ou autres objets sont aussi une pratique que j'affectionne mais plutôt en petites touches. "Ce qui est rare est précieux".

 

Conclusion, ouf !

Je vais continuer à utiliser le collage dans mon travail avec parfois une approche systémique mais surtout pas systématique. Papier peint et éléments en volume ou pas seront souvent présents non pas comme une fin en soi, mais comme des composantes quelquefois signifiantes formant avec leur environnement pictural et graphique une proposition poétique. Par contre, j'ai bien peur que ce "sacré" motif de papier peint d'enfance plane sur mes créations encore très longtemps pour le plus grand bonheur des amateurs d'exégèses "Freudo-Lacanienne".

 

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